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Le Mot de la Commissaire

Par Madame Hamida M’HAMSADJI AGSOUS,
Commissaire du Festival


C’est la 7e édition du Festival national de la création féminine qui ouvre ses portes en cette fin d’année 2016.

Un petit coup d’oeil dans le rétroviseur permettra de mesurer le chemin parcouru : Institutionnalisé fin 2009, il tenait sa première édition en mai 2010 et, depuis, ses rendez-vous sont attendus par un public féminin, mais pas seulement, avec un intérêt sans cesse accru.

Son objectif essentiel, tout le monde l’aura compris, s’inscrit, bien sûr, dans une vaste politique de mise en valeur et de promotion des arts avec, cependant, une particularité qui réside dans l’hommage qu’il veut rendre à la création artistique des femmes.

Ce Festival se place donc dans une optique de valorisation et de mise en avant du talent créatif des femmes.

Leur talent, leur créativité, leur génie et leur habileté, nous avons pu nous en rendre compte et en rendre compte au public durant les éditions passées :

La 1re édition en 2010 a pu mettre en lumière le travail des femmes de notre pays dans l’art du tissage. Technique ancestrale qui remonte à la nuit des temps, le tissage est un moyen d’expression à travers lequel la femme utilise des signes et des motifs géométriques ou floraux dont la symbolique et les couleurs ont par la suite été adoptés par des arts plus récents tels que la peinture, la céramique ou le design. 

Dans la 2e édition de 2011, le talent féminin a pu exhiber tout son éclat à travers la broderie d’art.

En effet, la symbolique des «reguem» et des «aouchem» du tissage se traduit sur toute une variété de tissus avec des fils d’or, de soie, de coton et des couleurs, et peut encore mieux s’adapter à la représentation de la faune et de la flore. Les historiens parlent de la broderie algérienne et de son raffinement dès le XVe siècle. Il s’agit donc d’un patrimoine qui a été transmis de mère en fille et qui résiste à l’usure du temps grâce aux innovations et aux créations que l’esprit imaginatif des femmes lui imprime.

La 3e édition, tenue en 2012, a voulu montrer comment à partir du tissage et de la broderie les femmes pouvaient embellir, enrichir une tenue, un costume, fut-il de fête, de cérémonie ou de tous les jours avec tous les accessoires nécessaires. Elles ont étalé tout leur savoir-faire pour créer bijoux, coiffes, ceintures, étoles, éventails et même des chaussures.

Ce n’est qu’à la 4e édition, en 2013, que nous avons changé de cap pour entrer dans ce que nous avons appelé les arts de la terre. Le talent des créatrices a été mis en exergue à travers la peinture, la sculpture, la céramique et la mosaïque. Domaines artistiques autrefois réservés aux hommes mais que les femmes ont investis avec bonheur. Cette édition nous a permis de rendre hommage à deux grandes dames pionnières du domaine : Aïcha HADDAD pour la peinture et Ouiza BACHA pour la céramique.

La 5e édition, quant à elle, tenue en 2014, nous a permis de nous intéresser à un art particulier dans notre pays : l’art culinaire. Et c’est sous le slogan «D’orge et de blé» que nous avons convié une quarantaine d’excellentes cuisinières de toutes les régions du pays pour montrer ce qu’elles savent faire à partir de ces céréales emblématiques du pays. Bien sur le COUSCOUS-ROI a été décliné dans près de cinquante recettes… et servi en dégustation au public…

Mettre en vedette l’art culinaire sans exhiber aussi l’art de la table aurait été une hérésie : serviettes et nappes brodées, belle vaisselle réalisée par des céramistes, décoration de table, etc. ont permis aux créatrices de donner libre cours à leur imagination.

La 6e édition de l’année dernière (2015) avait, elle aussi, un cachet particulier. Nous vivions l’évènement «Constantine, capitale culturelle arabe». Le Festival a donc décidé de s’inscrire dans cette optique, en rendant hommage aux artistes constantinoises. Elles étaient donc une trentaine de peintres, stylistes, dinandières, bijoutières, spécialistes de la distillation de l’eau de fleurs, de la pâtisserie et de la confiserie de Constantine, heureuses de venir dans la capitale pour exposer leurs oeuvres et rencontrer les créatrices des autres wilayas.

Dans chacune de nos éditions, un jury est mis en place pour désigner à la fin du Festival les trois créatrices les plus méritantes. Travaillant en toute discrétion et en toute autonomie, les jurys, composés à chaque fois de personnalités du domaine des arts, ont permis au Festival de décerner la qualité d’«artiste confirmée» à 23 créatrices sur les quelque 250 que le Festival a sélectionnées en six éditions.

Les lauréates, et même celles qui n’ont pas eu de prix, sont maintenant connues et reconnues… Certaines ont leurs propres ateliers ou école de formation jusque dans les coins les plus reculés du sud du pays. Elles ont appris à mettre leur travail en valeur, elles ont tissé des liens et même créé des produits communs. Si nous tenons compte du fait que depuis quelques années les grandes manifestations culturelles et touristiques font appel à elles pour une participation alors qu’avant 2010 elles étaient quasi inconnues, on est en droit de dire que le Festival de la création féminine a rempli son objectif : rendre visibles les «créatrices» comme nous aimons à les nommer.

Par ailleurs, nous avons pu mesurer l’impact du Festival sur le public grâce au taux de fréquentation des expositions et des animations proposées chaque année. Passé de près de 10 000 visiteurs la première année, nous avons atteint les 15 000 en 2014. Alors que nous tenions toutes nos éditions au Palais des Raïs, édifice emblématique de notre patrimoine culturel, nous avons dû depuis deux ans installer nos expositions dans un espace plus important pour répondre à la demande du public.

Pour revenir à l’édition qui s’ouvre le 24 novembre 2016, il s’agit de la 7e.

Encore une fois, le comité d’organisation a décidé de s’inscrire dans la préoccupation économique actuelle. Parce que cette édition ambitionne d’attirer l’attention de tous sur la nécessité de «faire le mieux possible, avec peu» et de proposer une réflexion sur nos modes de consommation.

En effet, accumulation, surconsommation, gaspillage font partie de notre quotidien. L’objet est partout autour de nous, nous envahit : chaque jour, de nouveaux objets viennent en remplacer d’autres... L’incidence sur l’épuisement des ressources naturelles ainsi que sur la dégradation de l’environnement n’est plus à démontrer Loin de nous l’idée de donner des leçons à qui que ce soit, il s’agit juste de susciter la réflexion, le questionnement et de montrer qu’il y a moyen de faire autrement que de jeter ce que l’on considère comme déclassé, encombrant ou inutile.

L’édition de cette année montrera comment des femmes récupèrent, transforment et recyclent des matériaux, des objets pour les revaloriser en leur donnant une nouvelle vie. Toutes les matières premières sont utilisées : fer, bois, cuir, verre, plastique, tissus, vieux journaux, cartons, papier et même coquilles d’oeuf et déchets de palmier mais également : pain rassis, légumes, fruits, fleurs un peu flétries ou encore des restes de plats non consommés.

Elles sont plus d’une trentaine de femmes venues de plusieurs wilayas du pays, avec chacune un matériau de prédilection : le plastique tissé devient de jolis tapis, de vieux pantalons de jeans sont transformés en sacs pratiques, du papier peut donner des bijoux ou des objets utilitaires, des tapis inutilisables en tant que tels donnent des chaussons douillets, de vieux CD se transforment en jouets ou bijoux. Même les boutons de chemises et les noyaux d’olives rivalisent avec les perles, et les chutes de tissu ou de cuir ne servent pas qu’au patchwork…

Toutes les créatrices seront ravies de montrer au public leurs secrets de fabrication d’oeuvres écologiques, réfléchies et esthétiques. Et ce, à travers des ateliers de démonstration. Mais aussi dans le cadre de conférences et de tables rondes durant lesquelles le débat permettra d’engager une réflexion sur l’utilisation des déchets, l’industrie de transformation et l’économie circulaire.

Pour finir, la troupe musicale dirigée par Souad ASLA, le jour de la clôture, présentera un spectacle basé sur la préservation du patrimoine musical de la Saoura. Aux chants et danses rythmés des Djebariates ou de la musique «gnaouie» succéderont les chants spirituels Ferda pour clôturer avec la «hadra» où le chant et la musique mènent à la transe. Tous ces tableaux qui présentent un patrimoine immatériel séculaire spécifique font des douze musiciennes qui le perpétuent des gardiennes et des «passeuses» de savoir-faire.
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